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Test de Secret of Mana

Posté le 07 septembre 2012 par Faarden
Après le succès tant mérité d’un Final Fantasy VI haut en couleur, dans le froid du mois de novembre de l’année 1994, la vie de nos petits et grands gamers se voit réchauffée par un jeu qui fera parler de lui pour des années à venir. Cette bonne nouvelle se nomme Secret of Mana, second opus de la série japonaise des Seiken Densetsu dont on mentionnera l’excellent Legend of Mana sorti quelques années plus tard sur Playstation. A l’époque où les RPG sont en plein essor et remplissent d'étoiles les yeux écarquillés de nos jeunes années, Secret of Mana invente le genre du A-RPG coopératif avec un certain brio et un certain humour . . . peut-être malgré lui.


Où ça nous mène la folie des hommes…

imgDepuis la nuit des temps, le pouvoir de Mana est la source de toute les convoitises humaines. Les passions se déchirent autour de cet immense pouvoir. Certains veulent la puissance, d’autres la gloire, ou encore les femmes (mais ça ils n’en parlent pas). Au final, la plus imposante civilisation humaine, alias l’Empire, fini par ériger le Fort Mana : l’arme Ultime, soit-disant. Conséquence, les Dieux sont en rogne et décident de mettre fin à cette ère de révolution terrifiante. Finalement, c’est un héros tombé du ciel qui, d’un coup d’Épée Mana, décide de mettre un terme à la fiesta en annihilant le Fort Mana. Paix dans le monde retrouvée, mais civilisation réduite à néant. Euh... OK ! Bref, nous voilà dans le présent, en fin de compte la vie à repris son cours (ne me demandez pas comment) et vous incarnez alors le héros de cette histoire, qui va trouver l’Épée Mana. Non, pas plus d’entrée en matière que cela. Pas de bol, l’épée protégeait le village où vit le héros des pires catastrophes imaginables. Alors le maire, père adoptif du garçon, décide de bannir le pauvre jeune homme pour éviter que les monstres, attirés par l’épée, ne s’attaquent au village – question : quel est l’imbécile qui a eu l’idée abandonner une épée aussi importante à coté d’un bled pareil où même un gosse peut la trouver ?!

imgBon, ce qu’on ne vous dit pas tout de suite mais qui est plutôt sous-entendu, c’est que ce garçon est l’Élu de Mana et que lui seul était destiné à la retirer de son rocher (vous pouvez l’appeler Arthur Pendragon, on appréciera l’analogie). Qu’à cela ne tienne ! Arthur, preux chevalier des temps modernes, part à l’aventure muni de sa désormais fidèle épée. Il devra alors retrouver toutes les sphères de l’épée ainsi que les graines Mana disséminées dans les 8 palais à travers le monde afin de raviver la puissance de l'épée Mana, le pouvoir souverain. Évidemment, des super vilains voudront l’en empêcher à tout prix. Sinon c'est pas drôle. Durant son périple, le jeune homme croisera une fille, que nous appellerons tout simplement « la fille », ainsi qu’un Elfe – lui, ce sera « le nain », pour des raisons personnelles – et tout deux suivront le jeune homme dans sa quête pour des raisons aussi farfelues que leurs personnalités. Le jeu ne dispose d'ailleurs que d'une trame scénaristique pour vous tenir en haleine, ne comptez pas sur quelques quêtes annexes , il n'y en a pas - à part des mini-quêtes qui vous feront gagner un objet un peu spécial.

La Légende est en marche

imgBien, une fois passé le coté assez « amusant » des quinze premières minutes de scénario – qui ne sont, certes, pas folichonnes, mais loin d’être rebutantes – on attaque les choses sérieuses et le cœur du jeu : le gameplay. Gros point fort du jeu, car vous pourrez jouer à trois joueurs simultanément (fait rarissime pour l’époque de jouer à 3 dans un RPG sur la SNES, vous en conviendrez). Dans Secret of Mana, il n’est pas question de classe ou de job ; chaque personnage possède ses propres caractéristiques qui évolueront indépendamment de votre volonté. Le héros sera le plus fort en dégâts physiques et en défense, mais ne pourra lancer aucun sort. Le nain sera le plus puissant en magie offensive mais le plus faible en force physique et en défense, quand à la fille, elle sera plutôt polyvalente et la meilleur en sagesse (soins & enchantements). Sachez que les différences de stats ne se ressentent pas énormément dans les combats. L’habileté de vos dix doigts l’emportera sur ces derniers. À vous de choisir qui vous préférez incarner ! Ensuite, vous complèterez très rapidement un éventail de huit armes différentes que vous pourrez équiper à n’importe quel personnage. Une arme assignée à un héros, fait augmenter sa maîtrise de cette arme lorsqu’il combat avec. Chaque arme possède plusieurs niveaux de maîtrise et chaque niveau atteint par un personnage lui permet d’utiliser une nouvelle technique spéciale propre à l’arme. Or, afin de pouvoir augmenter le niveau de maîtrise de vos armes, il vous faudra les faire forger au préalable par le biais de Vulk en lui donnant les sphères d’armes que vous trouverez pendant votre périple. Rien de compliqué, surtout que l’argent n’est pas un souci, dans Secret of Mana. Une séance d’entraînement et vous êtes déjà riche.

imgLa magie ! Parlons-en de la magie ! Premier constat, vous me direz « Quoi ?! Mais on a trop peu d’MP ! », et je vous répondrai « Tant mieux ! ». En effet, les sorts offensifs seront votre première source de dégâts majeurs pendant les combats contre les Boss – pour un peu que vous preniez le temps d’entraîner vos sorts selon les Esprits Mana en votre possession. Car à l’instar des armes, les Esprits ont aussi des niveaux de maîtrise par personnage, excepté le héros. Un niveau que vous augmenterez lorsque vous trouverez une nouvelle graine mana (et non en apportant vos Esprits à Vulk pour qu’il leur mette des coups de marteau dans la trogne ). Second constat, vous me direz… « Pouaah mais la magie, c’est beaucoup trop fort! », et je vous répondrai « Eh... anneffé ! ». Voyez-vous, quand certains Boss feront office de blague Carambar sur pattes, d’autres vous donneront énormément de fil à retordre tant vous serez incapable de leur infliger le moindre dégât physique. C’est là qu’interviendront majoritairement le nain et la fille (mais surtout le nain) qui iront bombarder le Boss de magies et finir le combat en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, puisqu’il est impossible d’esquiver le moindre sort. En revanche, vous disposez de très peu de Points Mana avec ces deux personnages et seulement 4 noix en stock – noix qui vous permettent une régénération de 50MP uniquement. Entre nous, ce n’est pas ce qui vous empêchera de torcher les Boss en trois coups de cuillère à pot, si vous en avez envie. La difficulté du jeu est alors assez subjective, à ce moment là. Donc pour ceux qui veulent plus de challenge, usez de vos sorts avec parcimonie et préférez le mode bourrin à coup de techniques (pour les Boss où c’est possible, évidemment). La magie pourra être votre sortie de secours dans les moments critiques, en quelque sorte. Attention, d'ailleurs, quasiment tous les boss utilisent eux aussi de la magie et même certains ennemis - qu'on préfère esquiver pour d'autres adversaires plus basiques et débiles tant leur capacité à se bloquer dans les murs pour vous atteindre est pathétique. Par ailleurs, si vous jouez seul, l'IA et notamment le pathfinding de vos acolytes n'est pas bien mieux programmé que celui des ennemis, ce qui vous vaudra des blocages d'écran assez fréquents car l'un des deux idiots est bloqué dans un arbre. En ce qui concerne l'IA au niveau des combats, un menu disponible pour chaque IA vous permettant de définir leur type d'attitude au combat (rapproché, distance, agressif, défensif et même les niveau des techniques d'arme à utiliser en combat). Seulement, vous serez vous seul en charge des magies de vos IA, car ils ne les lanceront pas si vous ne le faites pas à leur place. Heureusement, le Ring System permet une certaine dynamique pendant les combat, évitant l'affichage de menu qui coupent l'action. Bref, vous n’aurez certes pas l’embarras de devoir attribuer des points de caractéristique à vos personnages, en revanche, vous pourrez les affubler d’armures, bracelets et casques, vous empêchant de vous manger trop de dégâts, naturellement. Ces pièces d’armures s’achètent auprès de tout vendeur de ville ou village pour un prix généralement dérisoire comparé au contenu désopilant de votre bourse. Vous pourrez sinon, au besoin, aller vous faire escroquer auprès de Chacha.

Maître Koichi Ishii à la réalisation !

imgQuestion graphismes, le jeu est beau, doté d'écrans très colorés et variés, allant des prairies à la terre fertile et à la végétation abondante jusqu'aux villes surpeuplées en passant par des forêts luxuriantes et des déserts arides. Mais aussi des villages très coquets à la population de quadruplés en masse qui tournent en rond et aux vendeurs d’échoppes consanguins, des châteaux qui vous donnent le vertige tant on en voit plus le bout et des Voyages Canon, avec atterrissage garanti sans parachute, au top du top ! Vous aurez même droit à quelques interactions de terrain parfois un peu énigmatiques, mais tout à fait surmontables. Les sprites du jeu bénéficient d’animations assez bien faites, dans l’ensemble, avec quelques bugs visuels par-ci par-là, mais rien qui ne gênera votre progression. Et tout ceci pour une durée de vie d’environ 30 heures ! J’attire votre attention, également, sur le point regrettable de la version française, euh… la version française, justement! Je parle de la traduction, bâclée comme cela se faisait tout naturellement à cette époque où les jeux vidéo étaient encore considérés comme « pour les ti n’enfants pas sages que nous étions (que nous sommes toujours ?) ». Au moins les dialogues auront le mérite de vous faire marrer.

imgVous retrouverez Hiroki Kikuta (quoi, on l’a déjà vu ?) pour vous accompagner gaiement avec la bande son du titre : des musiques qui restent longtemps, très longtemps en tête. La diversité qu’offrait, à l’époque, la qualité audio de la SNES est ici pleinement utilisée, pour un rendu juste totalement épique. Un véritable régal, honnêtement, à la veille d’un tournant vidéo-ludique apporté par la Playstation de Sony et la Sega Saturn et ses cartouches de jeu bizarres, cycliques et toutes plates. Deux autres versions de Secret of Mana sortiront un peu plus tard, premièrement sur le WiiWare, en 2008, qui reprend le soft avec ses qualités et ses défauts en améliorant légèrement ses graphismes, puis enfin sur iPhone, deux ans plus tard, disposant d'une refonte technique comme l'amélioration des IA, une plus grande difficulté et une seconde retouche graphique - la version iPhone perd cependant le mode multijoueur du soft ce qui en débectera plus d'un.

Lexique d’appoint des personnages douteux

VulkNain à casque-crâne à cornes, Forgeron de Mana – Ce type à l’accoutrement loufoque adepte de la téléportation surprise, vous attendra sagement dans toutes les villes où vous mettrez les pieds et vous ne vous en plaindrez certainement pas. Il renforcera vos armes moyennant quelques pièces d’or ainsi qu’une sphère d’arme pour chaque renforcement, ce qui aura pour but de vous permettre d’améliorer votre niveau de maîtrise de l’arme précédemment forgée.

ChachaAnimal (trop) civilisé, Vendeur Vagabond Escroc Professionnel – un ami qui vous veut du bien et qui vous vendra à peu près n’importe quoi pour trois fois le prix des marchandises de toute autre boutique honnête. Sauf lors de rares promotions, où tout sera réduit à deux fois le prix de n’importe où ailleurs.

RandyNom original du garçon de l’histoire dans la version japonaise du soft – Que dire de ce personnage tout à fait normal ? Il fait ce qu’on lui demande sans trop se plaindre. J'ai toujours été admiratif des personnages imbriqués dans des aventures totalement incontrôlables sans jamais se poser de questions sur leur éventuelle réussite.

PurimNom original de la fille de l’histoire dans la version japonaise du soft – Charmante fille de noble du royaume de Pandore au caractère immonde qui part à la recherche de son soldat d’amour qui passera son temps à faire la marionnette pour le vilain Thanatos. Cette fille a la fâcheuse habitude de prendre le héros pour son chien.

PopoïNom original du nain de l’histoire dans la version japonaise du soft – Elfe natif du Haut Pays, vous le rencontrez à Gaïa dans la grotte des nains pendant qu’il essaie de vous escroquer votre bourse de pièces d’or. Dragueur sans tact à ses heures, il prend, lui aussi, le garçon pour son larbin.


Verdict

9
Malgré une traduction française que l’on ressent un peu bâclée contrairement à une version originale qui était quand même plus sérieuse et qui offrait un scénario intéressant, Secret of Mana, alias Seiken Densetsu 2, est encore aujourd’hui considéré, dans le cœur des joueurs, comme une bien belle tuerie notamment pour sa réalisation, mais surtout pour son innovation sur le genre A-RPG multijoueur coopératif. Ajoutez à cela une OST qui reste dans les mémoires et une durée de vie tout à fait honorable, vous obtenez une perle de l’histoire du jeu vidéo. A vos manettes !

Les plus Les moins

- A-RPG Multijoueur
- Le Ring System
- Chacha & Vulk
- Scénario relativement bien ficelé
- Composition musicale magistrale
- Du fun, du fun, du fun et encore du fun !
- Une IA assez désastreuse
- Une facilité déconcertante
- Une VF très... cocasse
- L'absence de quêtes annexes



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Plateforme : Super Nintendo
Editeur : Squaresoft
Développeur : Squaresoft
Sortie : 24 novembre 1994
Genre : Jeu de Rôle

Fiche complète